Pour déguster la douceur des châtaignes, il faut les éplucher et pour avoir le plaisir de les offrir, il faut en avoir reçu.

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  • : Grâce à la réapparition d'une partie oubliée de la mémoire familiale, nous partons à la découverte de la pensée d'Anselme de la Filasse, érudit méconnu du XIIème siècle, personnage multiple et atypique dont les écrits, mis à jour, permettent d'élucider de nombreuses interrogations des historiens et de combler les trous de l'histoire au fil de la transcription et de la traduction de ses notes.
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Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 13:43

 

 

Suite aux mésaventures liées à la colorisation des colonnes de l'entrée de la Chapelle qui ont provoqué le décès de son architecte et le départ de la corporation de compagnons des enfants du père Soubise, Anselme de la Filasse prend la décision de gommer définitivement le passé et de supprimer les colonnes du projet. Il recourt aux services d'un jeune architecte, neveu du précédent pour réaliser l'étude de la nouvelle entrée.

 

Mais ce dernier formé par son oncle défend l'idée de conserver des colonnes à l'entrée, ce que refuse Anselme de la Filasse. Toutefois le neveu est entêté et finit par convaincre le propriétaire de lieux que les colonnes pourraient prendre la forme avantageuse de personnages, solution qui fut adoptée. Heureux fils de son oncle l'architecte a une conception de la gente féminine un tant soit peu utilitaire et son projet va s'en ressentir. Anselme devant effectuer un voyage pour rendre visite à Maître Evrard des Barres retiré dans son monastère, le jeune architecte engage les travaux avec quelques consignes de conception dans lesquelles il doit notamment faire apparaître à égalité des hommes et des femmes pour concevoir les colonnes.

 

Le sculpteur qui souhaite donner satisfaction à Anselme de la Filasse mais est marqué par quelques prédispositions privilégiant la gente masculine entend donner la part belle aux statues masculines, pour cela il se renseigne sur les pratiques anciennes et constate que dans la ville de Karyes alliée aux Perses lors de l'invasion, après la victoire des grecs, les femmes furent réduites en esclavages et condamnées à porter de lourds fardeaux. De même il trouve trace de l'existence d'Atlantes figurant des hommes debout remplaçant des colonnes dans certains temples grecs.

 

Fort de ces renseignements, il décide de représenter sur les colonnes marquant l'entrée de la chapelle, les femmes nues et à genoux et les hommes nus également en discoboles grecs et debout évidemment. Cette disposition l'arrange bien, car la pente du terrain nécessite de recourir à des colonnes de tailles différentes; mais vue l'exiguïté du terrain et devant de plus loger deux portes d'accès il décide de rapprocher les colonnes à l'extrême. Au retour d'Anselme de la Filasse, ce dernier se rendant sur le chantier a la vision d'une enfilade de statues d'homme debout et de femme à leur genou et en prière, qui d'abord l'émeut, mais qu'il décide au final de ne pas conserver en la forme car les positions respectives des hommes et des femmes auraient pu donner lieu à de mauvaises interprétations et ternir sa réputation de Maître de l'Ordre du Temple par intérim. Il s'insurge donc auprès de l'architecte et fait inverser les rôles. Le femmes seront debout en cariatides (du nom de la ville de Karyes), vêtues de longues tuniques et soutenant un entablement sur leur tête afin de remplacer les colonnes et les hommes à genou comme certains Atlantes des temples grecs, supportant de même la voute de la petite porte.

Par Ferri - Publié dans : Anselme de la Filasse - Communauté : mémoire et écritures
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 01:31
 A l'époque d'Anselme de la Filasse, les hivers n'étaient pas plus rudes qu'aujourd'hui, mais les moyens de chauffage étaient plus rudimentaires, aussi Anselme de la filasse avait-il pris l'habitude de s'octroyer une collation tout en s'adonnant à ses études. Ce jour-là il partageait quelques morceaux de fromage avec Léon, le chamailéôn domestique emmené avec lui du taïfa de Valence par son nouvel intendant d'origine maure. Il s'agissait d'un fromage à base de lait de vache, apporté par un cousin d'Anselme, un moine trappiste nommé Briki qui le rapportait d'une halte à l'abbaye de moniales du Ronceray d'Angers. Briki avait fait goûter son bien lors des diverses étapes de son voyage, notamment à un moine solitaire installé sur les lieux de la future abbaye du Port-du-Salut près d'Entrammes en Mayenne, puis à des moines à Chalons en Champagne qui se rendaient en Flandres pour y étudier la possibilité d'y créer un ermitage au Monts de Cats. Enfin Anselme de la Fillasse en confia un morceau à des moines trappistes de l'ordre de Citeaux en provenance de l'abbaye d'Acey dans le Jura et donc amateur de fromage. Ces deux moines étaient en quête d'une terre pour y installer une abbaye aussi Anselme de la Filasse les avait doté d'une lettre de recommandation pour un autre cousin Hugues de Briquebec, probablement apparenté à Briki, qui s'était retiré dans son fief du Contentin

 

Ce fromage se présentait sous la forme d'une meule de petite taille, conçue à base de lait de vache avec un croûte lisse et orangée. D'après les affirmations de Briki la pâte était souple à l'origine et d'une couleur tirant sur le jaune pâle. Mais nous étions au mois de novembre et le fromage était, de réputation, à déguster de préférence entre mai et juillet. Aussi Anselme de la Filasse le trouvait-il un peu dur à mastiquer.

 

Tout en dégustant son fromage, notre érudit qui souffrait de venettes chroniques s'était plongé dans les écrits de Paulin de Nole (353 à Bordeaux - 431 à Rome), faisant montre d'un désordre dans son comportement dont il n'était pas coutumier, lui qui répétait souvent : «  pas de bousillage dans cette maison ». Paulin de Nole était issu d'une des plus riches famille de Bordeaux il fut gouverneur de la Province de Nole (Italie), puis ayant abandonné tous ses biens y était revenu fonder un lieu de recueillement, véritable complexe religieux dédié à Saint Félix autour de la tombe de ce dernier. Soucieux de la promotion de son affaire il fut d'ailleurs le premier à avoir l'idée d'installer des cloches auprès des églises. Paulin de Nole est considéré comme l'un des plus grand poète latin chrétien. Sa dévotion en fit le Saint des Fruits et Légumes et par voie de conséquence des Coliques, ce en quoi il intéressait Anselme de la Filasse plus précisément.

 

C'est en pleine lecture et en cours de dégustation que son odorat fut attiré par une odeur prenante qui lui rappelait celle de ses chausses au retour de sa marche quotidienne par les plus belles journées de chaleur. Or même si ces dernières étaient un tant soit peu humides, vu la fraîcheur de la pièce, il se dit qu'il n'était pas possible que ce relent provienne de ces dernières. Curieux de trouver l'origine de ce remugle, il en suivi la piste au nez et se retrouva en train de humer celles-ci posées sur la chaufferette remplie de braises. Contrarié de la découverte, il les en retira, mais un fumet continuait de monter de la boîte. Accroupi sur l'objet qu'il s'apprêtait à ausculter, il fut surpris par la sortie rapide du dessous d'elle de Léon, qui s'en allait en tenant dans ses doigts un morceau de fromage fondant. Probablement que ce dernier ne possédait pas la solide mâchoire d'Anselme de la Filasse et qu'il préférait imiter les trappistes jurassien en faisant, comme eux, fondre leur fromage pour le déguster sur une tranche de pain.

 

Dans son recul Anselme de la Filasse avait percuté l'écritoire et fait tomber les feuillets du Saint. Attiré par le bruit l'intendant accouru et lorsqu'il vit Anselme de la Filasse à terre et son caméléon terrorisé, couvert de fromage fondu et reclus dans un coin de la pièce, il demanda au grand homme s'il était tombé sur quelques objets contondants. Pris dans ses lectures Anselme lui répondit en latin « Noli me tangere », ce qui signifie « Ne me touche pas ». Mais l'intendant qui était d'origine maure compris « Nole tangere » et cru à une consigne de ramasser les feuillets. Anselme haussa le ton et lui enjoignit de ne pas toucher à Saint Paulin. Confus l'intendant sorti, persuadé qu'Anselme lui avait en fait demandé de ramasser le fromage et qu'il l'avait mal compris. En racontant l'incident aux moines, l'intendant propagea cette appellation de « Saint Paulin » qui a probablement donné naissance à toute une variété de fromage tels que la Trappe de Briquebec, le Port-Salut, le Mont des Cats, le Fromage d'Isigny dans le Calvados situé sur la route de Bricqueville et probablement à la variété d'origine du Saint Paulin, suite à la migration d'un de ses descendants au Québec.

Par Ferri - Publié dans : Anselme de la Filasse - Communauté : mémoire et écritures
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 19:45
 - Venelle ?
- Ça va
- ...
- Ca va ?
- Venette ! 

 

En ce début d'année 2010 et après quelques semaines de travaux, je suis en mesure de vous livrer la fin de l'analyse de l'expression utilisée par Anselme de la Filasse comme un sésame lui permettant de quitter la salle de garde du château de Venette où se déroulait un festin en l'honneur de la nouvelle année 1129.

A l'époque, les menus étaient composés de viandes, de pains et de pâtisseries. Au château de Venette situé en Picardie, on servait pour l'an nouveau de nombreux gibiers, rôtis, comme il se doit dans la noblesse, et principalement du gros gibier, sanglier, cerf et chevreuil ainsi que des poulardes, des canards, des pintades, des dindes, des oies, des faisans, des paons, des cygnes et même des aigles lorsqu'on en trouvait. Bien entendu la présentation était somptueuse, les oiseaux garnis de leurs plumes, le bec doré, disposés sur des croûtes de pâtes en forme de château fort. Le peuple lui se contentait des oiseaux les plus simples tels que merles, pigeons, cailles, perdrix, grives, bécasses et ortolans, qui étaient dédaignés des vrais aristocrates.

Ces mets étant d'un goût fort et difficile à digérer, les rôtisseurs bien formés, demandaient à ce qu'ils soient bouillis avant d'être rôtis de telle sorte que le goût en soit atténué. Mais dans la précipitation des préparatifs, le jeune apprenti en charge de préparer les viandes, omit cette étape préalable à la tâche des rôtisseurs et s'en étant rendu compte, précipita la mise en place des viandes sur les différents grils avant l'arrivée des autres ouvriers.

Les compagnons rôtisseurs qui venaient de fêter par avance la nouvelle année furent satisfaits de constater que le travail était déjà bien avancé avant l'arrivée du maître. Le maître, lui même, rejoignit les cuisines avec un certain retard et fort handicapé par sa démarche titubante. Pour le bonheur du jeune apprenti, personne ne repéra son stratagème. Évidemment les pièces de viandes qui n'avaient pas été bouillies préalablement n'en finissaient pas de griller et n'étaient jamais prêtes, les rôtisseurs poursuivaient leur tâche en se demandant de quelle contrée pouvait provenir ces viandes coriaces et odorantes. Pendant cette attente, les convives s'abreuvaient pour laisser le temps passer. Voyant ses réserves de vins fondre, le maitre des caves décida d'économiser le bon vin en alternant un fût de vin d'âge et un fût de vin bourru, présentant ce dernier du côté où étaient installés des ermites camaldules, un branche autonome de l'Ordre de Saint Benoit, moins sensibles à la rudesse des breuvages que les moines de l’ordre cistercien, restaurateur de la règle bénédictine, qui conjuguaient ascétisme et rigueur liturgique et que Bernard de Clairvaux avait présenté à Anselme de la filasse mais aux discours desquels ce dernier avait échappé en se réfugiant vers des compagnons plus simples, les moines camaldules, en quête de bonne chère, tant elle leur était rare dans le choix de leur vie monacale.

Lorsque les viandes furent enfin servies, les convives affamés et abreuvés, se jetèrent sur les plats. La force des goûts et les quantités importantes d'épices utilisées pour les masquer, entrainèrent une plus grande consommation de vin bourru qui n'est en fait qu'un moût en fermentation, vin trouble et sucré, un peu aigre et plutôt bu en guise de piquette au cours des repas quotidiens. Tous ces mélanges fermentés produisirent leur effet dans les entrailles du sage Anselme, qui se mit en quête d'un lieu discret pour se soulager. Une terrible venette lui tenaillait le ventre.

Se renseignant, auprès d'un garde de faction à l'entrée de la salle, sur la proximité d'un espace discret, celui-ci indiqua à l'érudit la piste de ses souhaits. Les choses ne s'arrangeant pas au fil des heures, Anselme de la Filasse se retrouva à passer régulièrement devant le garde qui lui demandait à chaque fois s'il avait besoin qu'on lui indique son chemin. Ceci en faisant usage d'un terme utilisé en forme d'interjection : « Vennelle ? » mot ancien qui signifie chemin et sert à désigner une petite rue étroite entre des haies. Ce à quoi le sage répondait à chaque passage « Ca va » pour signifier qu'il connaissait le chemin. A chaque retour Anselme était de plus en plus pâle et le garde se demandait s'il n'était pas plus souffrant qu'il n'y paressait et lui demandait s'il allait bien. De cette expression émergea la coutume d'échanger à ce propos. Pendant plusieurs siècles, l'échange aujourd'hui banal : « comment allez-vous ? », qui suppose une réponse du type : « Très bien merci », a revêtu une réalité bien plus crue que celle utilisée lors des rencontres d'affaires contemporaines, une réalité qui signifie : « Comment allez-vous à la selle ? ». Préoccupation à laquelle Anselme de la Filasse répondait par un « Ça va » hâtif, suivi de l'expression « Venette », pour décrire le contexte de ses pérégrinations. Aujourd'hui le sens premier est oublié, seule reste la courtoisie, mais afin de ne pas commettre d'impairs, je conseille de se renseigner à savoir si votre interlocuteur est un médiéviste avant de lui poser la question fatale : « Comment allez-vous ? »

Par Ferri - Publié dans : Anselme de la Filasse - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /Déc /2009 22:04
 Anselme de la Filasse fut étonné lors de son passage en Lotharingie que la tradition de l'arbre de Noël soit pratiquée sur des sapins. Il voyait en effet dans cette nouvelle pratique chrétienne empruntée à la tradition païenne la symbolique de l'arbre de la connaissance d'Adam et Eve et exigea que l'on décora un pommier, bien qu'il n'eut plus une seule feuille.


Il insista même au retour de la messe de Noël pour que tous se recueillent devant l'arbre un instant. Le curé n'était pas très enthousiasmé par cette séance d'adoration nocturne sous la neige tombante, mais ne voulant pas mécontenter Anselme de la Filasse il pris la direction de la cérémonie, organisa les prières, zélé, emporté par l'ambiance, il entonna des cantiques, les paroissiens les reprirent, puis se mirent à danser autour de l'arbre. Inquiet d'un éventuel mécontentement du sage homme, le curé le surveillait du coin de l'œil et constatait son enfermement progressif. Afin de le convaincre de sa bonne foi et désireux de lui détacher un sourire de satisfaction, il relançait sans cesse de nouveaux chants, mais rien n'y faisait, le visage d'Anselme de la Filasse se fermait de plus en plus. Il faut dire que ses nobles intestins n'étaient pas plus habitués aux choux local, qu'au froid de la saison. Notre érudit était, il faut bien le dire ..., dérangé et retenait quelques vesses qui l'eussent fait repérer comme ayant une attitude bien peu religieuse. Torturé du bas-ventre, il accusait en secret les pruneaux locaux qu'on lui avait fait déguster le midi.


La douleur était semblable à celle ressentie lorsque, interrogé par un faux inquisiteur sur l'emplacement du trésor des templiers, il avait subit le jugement de Dieu sous la forme d'une ordalie à l'eau glacée bénite. Plongé intégralement dans l'eau glacée et ne sachant pas nager, par chance, il avait coulé, montrant ainsi que l'eau bénite l'acceptait et qu'il était innocent. S'il avait esquissé la moindre brasse il aurait été condamné au bûcher.


Quoiqu'il en soit, l'expérience lui avait provoqué une venette qui lui avait vidé les intestins et là il était sur le point de connaître le même genre de foire si le curé ne mettait pas un terme à ses cantiques. Mais au bout d'une heure, n'y tenant plus il partit en courant se soulager, puis se réfugia dans la bibliothèque pour y chercher une justification à l'abandon de la cérémonie après avoir insisté pour que tout un chacun y assiste.


C'est alors qu'il tomba sur les feuillets d'un moine copiste traitant de l'arbre sacré et il y lut que la tradition était plus ancienne qu'il ne le pensait, que Charlemagne lui même décorait les sapins de la région d'Aix la Chapelle des boyaux et des yeux de ses ennemis vaincus. Il en confirma dans un premier temps son aversion pour cet arbre. Mais plus loin il lut que des peuples du nord, qui étaient nommés vikings, sacrifiaient à ces fêtes neufs mâles qu'ils pendaient à des arbres où étaient également suspendus des pommes. Ayant évalué, le nombre de présences masculines sur le domaine, il fit constat que, hors les serfs, il n'y avait pas beaucoup plus de mâles que le chiffre fatidique. Sautant quelques pages, il poursuivit sa lecture sur les origines de la décoration du sapin, qui au Moyen Orient venait de l'adoration du dieu païen Baal, en mémoire de l'arbre qui naquit de son sang lorsqu'il s'émascula. Anselme de la Filasse reposa les feuillets.


Perplexe sur le niveau d'influence viking et oriental dans le duché, il envisagea derechef, la tradition naissante sous un nouvel angle. L'érudit se mit à songer à l'évolution possible du rôle du pommier dans cette nouvelle pratique chrétienne, si ces lectures étaient rendus accessibles à la population par quelques fresques et que la fête de l'arbre soit alors détournée de son sens premier par les populations locales. C'est alors qu'il songea à l'impossibilité qu'il y aurait à pendre quelqu'un ou certains de ses attributs aux fines branches d'un sapin. Il se dit également qu'en prenant un jeune sapin, celui-ci pourrait être installé dans la salle de garde, ce qui éviterait à sa personne de souffrir à nouveau de vents inopportuns. Convaincu qu'il avait fait le bon choix, il alla annoncer le fruit de ses réflexions aux chanteurs du pommier qui les accueillirent avec bonheur et mirent fin à leurs vocalises, trop heureux de regagner leurs logements et persuadé que la précipitation de leur invité avait été provoquée par une révélation subite.


S'éloignant du pommier, il se fit cette réflexion selon laquelle la fraicheur (« Vent frais, ...), provoquait des dérangements : (… vents ...), à sa personne qu'il considérait comme un individu assez malin (… du mâtin. ») pour gérer la situation délicate qu'il venait de connaître.
  Adage qui donnera plus tard le fameux canon :

Vent frais vent, du matin,
Vent qui souffle au sommet des grands pins,
Joie du vent qui souffle
Allons dans le grand vent
Vent frais vent, du matin

Par Ferri - Publié dans : Anselme de la Filasse - Communauté : mémoire et écritures
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /Déc /2009 01:20

Note écrite par Anselme de la Filasse un matin d'hiver où il profitait des premières lueurs du soleil pour s'adonner à sa passion. A peine installé à son écritoire il avait eu l'attention attirée par un bruissement furtif dans la cheminé sans que rien ne lui apparut. Songeant à quelque mulot matinal il se remit à la tâche, mais entendit plusieurs fois le même bruit sans jamais rien voir pour autant. Dérangé par ce vacarme et ayant fait appeler le nouvel intendant d'origine Maure qu'il venait d'engager, celui-ci lui avoua avoir emporté avec lui son animal de compagnie à son départ du Taïfa de Valence (1). Il s'agissait d'une sorte de gros lézard que l'intendant lui présenta comme étant de la famille du chamailéôn, animal aux multiples couleurs, qui se nourrissait d'insectes, mais supportait mal le froid du royaume de France. Il avait élu domicile dans la paroi derrière l'âtre de la cheminée de la bibliothèque d'Anselme de la Filasse et n'en sortait qu'en cas de foyer trop puissant. Confronté au froid la demeure, il se mettait, alors en quête des fonds de verres d'alcool de prune que l'érudit sirotait pour se réchauffer lors de ses longues séances d'écriture. Il s'avéra après observation que l'énervement du lézard se produisait lorsqu'il était insuffisamment abreuvé. Trouvant, toutefois l'animal bien énervé, Anselme de la Filasse doutait que seul l'alcool de prune puisse produire sur lui un tel effet et soupçonna qu'il ne fasse une réaction négative aux fumées des ateliers de traitement du chanvre, installés sur le domaine. Néanmoins, il décida d'adopter l'animal et le surnomma Léon, et pris dès ce jour la précaution de laisser un fond d'alcool de prune dans ses verres pour partager son plaisir avec le nouvel habitant. Ce faisant, il n'osa pas avouer s'être inquiété quant à ses capacités visuelles en remarquant que l'animal changeait de couleur à chaque observation et craignait en souvenir de quelques lectures où il était question de pachydermes colorés, qu'il y ait là un effet négatif de la prune sur sa santé. La note fait référence par la dénomination de « belle » à une eau-de-vie dont on indiquait le type de fruit par le début de l'appellation qui était, dans cette histoire, le fruit nommé myrobalanus, fruit typique du duché de Lorraine. Cette note nous indique donc que la prune consommée était en réalité de la miro-belle. Dans cette réflexion, Anselme de la Filasse, nous gratifie d'un jeu de mot entre le fait de mirer, c'est à dire regarder, viser l'eau de vie et le nom du fruit ayant servi à la fabriquer. De même il n'est pas impossible que la forme contemporaine du nom de l'animal soit issue de cet événement.


(1) Les Taïfas étaient des petits royaumes de l'Espagne musulmane, résultant du morcèlement de celle-ci après la chute, au XI ème siècle, du califat de Cordoue qui regroupait 80% de la péninsule ibérique

Par Ferri - Publié dans : Anselme de la Filasse - Communauté : mémoire et écritures
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